jeudi 21 octobre 2010

Wyatt, Atzmon & Stephen - For The Ghosts Within

Robert Wyatt est devenu au cours des années une petite légende dans le monde de la musique. Le site de la BBC le qualifie par exemple de « trésor national bien aimé (!) ». Il nous avait laissé sur deux albums très jazzy (Cuckooland et Comicopéra) et surtout très réussis. C'est dans cette veine qu'on le retrouve pour une nouvelle livraison, seulement trois ans après le précédent (un exploit pour Wyatt, qui a habitué son public à de longues années d'attente entre chaque album).

Cuckooland était déjà un album « collaboratif », dans lequel Wyatt avait laissé en quelque sorte la place aux jeunes pour les compositions. Ce choix est clairement assumé ici, puisque For The Ghosts Within est présenté comme une collaboration entre trois artistes. Le vénérable musicien s'est associé au sulfureux saxophoniste Gilad Atzmon, ainsi qu'au violoniste Ros Stephen. A l'écoute du résultat, c'est pourtant bien un album de Robert Wyatt auquel on a droit (on admettra une petite touche orientale un peu plus marquée).

De part leurs cultures politique et musicale, trouver ensemble Robert Wyatt et Gilad Atzmon sur le même album n'est pas une grande surprise (ils ont d'ailleurs déjà collaboré avec succès sur l'album Cuckooland). Connaissant l'anti-colonialisme de Wyatt et l'anti-sionisme radical de Atzmon, on aurait pu s'attendre à une charge violente, des textes engagés : il n'en est rien. L'album se compose pour l'essentiel de reprises de standards du jazz (What a wonderful world, Round Midnight, …), et de réinterprétations de morceaux de Wyatt (Maryan, …).

L'album est donc radicalement tourné vers le passé. Nostalgique, Wyatt ? Sans aucun doute. C'était déjà évident sur les deux albums précédents (on se souvient en particulier du morceau Old Europe, déjà en duo avec Atzmon). Il ne faut pas oublier pour autant qu'il s'agit ici d'un véritable travail de recréation : les trois compères arrivent à « Wyattiser » tous ces morceaux de manière moderne, et sans hommage excessif. On leur pardonnera juste la petite faute de goût de Where are they now?, où les beats techno et le phrasé rap tombent complètement à plat.

Le ton général de l'album n'est pas à la fête : les influences tirées du folklore juif ajoutent leur dose de tristesse à la musique de Wyatt qui ne respire déjà pas la joie de vivre en temps normal. L'exemple le plus parlant est la dernière chanson, une reprise de What a wonderful world, un des standards du jazz les plus joyeux et optimistes, que Wyatt réussit à transformer en une plainte nostalgique. On a du mal à ignorer ici le second degré : quel « monde merveilleux » en effet, qui donne envie de se tourner vers le passé dans cet album, ou vers un ailleurs sans doute meilleur dans la troisième partie du précédent opus Comicopéra.

L'album possède ses moments de grâce. Ils surviennent en général quand apparaît la voix de Wyatt. De plus en plus fragile, de plus en plus émouvante, elle suffit à illuminer l'album par sa présence. Paradoxalement, le morceau le plus réussi est celui où Wyatt se fait remplacer au chant par Tali Atzmon. Ce titre, qui donne son nom à l'album, est en fait la seule création originale du lot, et c'est là qu'on attend Wyatt en priorité : tourné vers la création et le futur, plutôt que vers le passé.

For the Ghost Within se situe à part dans la discographie de Robert Wyatt, un peu comme son album de reprises de 1982, Nothing can stop us. Il n'en reste pas moins un bel album, qui donne envie de suivre encore ce « trésor national » dans de nouvelles aventures musicales.

mardi 10 août 2010

Fermeture des portes

Après près de dix ans d'activité, le Webzine Musique(s) ferme ses portes.

On trouve maintenant sur le web toutes les infos que l'on souhaite sur des artistes (Secret Chiefs, Zorn, etc.) dont personne ne parlait il y a dix ans sur le web francophone. Le site/blog n'a plus vraiment raison d'être, à part ajouter au bruit ambiant.

Les archives resteront disponibles tant que google ne fermera pas les portes. Le contenu original est libre est réutilisable à volonté (certains ne se sont pas privés de toute manière).

Je reviendrai peut-être comme collaborateur (occasionnel) sur un site/blog musical pour ramener ma fraise. Avis aux amateurs.

mercredi 7 juillet 2010

John Zorn - In search of the miraculous

A la recherche du record de disques sortis en une année

Le marathon continue pour Zorn et ses douze albums annuels. On va essayer sur ce blog de tenir le rythme, et peut-être douze chroniques cette année !

Avec une telle production, on se doute bien que tout ne va pas être totalement original et décoiffant. La qualité reste cependant plutôt élevée. On en a la preuve avec cette suite de l'excellent Alhambra Love Songs par ce l'Alhambra trio, devenu pour l'occasion un quintet.

L'ajout du vibraphone et de la basse électrique apportent des sonorités supplémentaires, et adoucissent au passage la musique, au point de la rendre plus lisse. On perd le côté direct qu'avait le premier album de cette formation, au profit d'une gamme plus riche de couleurs.

On retiendra le morceau The Magus, particulièrement réussi, et à l'opposé le Mythic (Etude) particulièrement raté. Dans ce dernier morceau, Zorn joue sur la répétition du thème, ce qui n'est pas un défaut en soi. Le problème est que cette répétition n'est ni hypnotique ni planante, juste ennuyeuse.

In search of the miraculous est plutôt sympathique, et devrait plaire à tous ceux qui avaient aimé Alhambra Love Songs. Rien de révolutionnaire, mais on reste dans le bon Zorn easy-listening (du niveau de Ipos, un ton en dessous de The Gift).

mardi 29 juin 2010

Vidéo de Master Musicians of Bukkake



Et pour ceux qui n'étaient pas convaincu, une petite vidéo (déjà postée sur ce blog il y a quelque temps), mais on ne résiste pas au plaisir de vous la resservir.

lundi 28 juin 2010

Master Musicians of Bukkake - Totem 2

Psyché, vous avez dit psyché ?

Un an après Totem 1, voici Totem 2, le deuxième élément de ce qui a été annoncé dès le début comme une trilogie.

Pour qui ne connait pas le groupe, on imagine qu'ils doivent avoir l'allure d'extraterrestres (ceux qui l'ont vu sur scène en sont encore tout retournés). Pour bien comprendre d'où vient le groupe, difficile de ne pas parler des Sun City Girls : la trilogie est dédiée au groupe, Alan Bishop apparaissait sur les deux premiers albums, et le premier album est sorti chez Abduction, le label des SCG.

Le groupe rend presque un hommage permanent au mythique trio : on retrouve des éléments de sa musique (notamment l'aspect mystique), mais dans une version proche du post-rock, à grands renforts de drones.

Par rapport à Totem 1, on est moins dans le psychédélisme avec guitares, et plus dans la musique de transe, avec des nappes musicales mêlant synthés et larsens. Ces sonorités peuvent s'expliquer par la présence de membres ou ex-membres de groupes de doom comme Burning Witch ou Asva. Au final, on secoue le tout et on obtient un gros trip tirant à la fois sur le doom intello et la musique du monde, le tout vu par le prisme d'un esprit dérangé.

On retrouve encore une fois beaucoup d'éléments de musique traditionnelle, notamment avec la reprise très particulière d'un morceau folklorique turc. En plus des instruments habituels (guitare, basse, batterie, synthés analogiques), les musiciens ont incorporé dans le mix de nombreux instrumentaux de "musiques du monde" : bendir, def, saez, ney, sans compter la trompette tibétaine et autres tingsha, ainsi que de l'orgue et de l'harmonium. Les sonorités apportées par tous ces instruments donnent une touche encore plus singulière à l'ensemble que dans Totem 1, qui était pourtant déjà bien barré.

Les passages à l'orgue ou ceux où le violon joue un thème simple donnent parfois à l'album des allures de musique de film peu inspirée. Ces passages sont les moins intéressants. Heureusement, les passages plus barrés remontent le niveau et font de Totem 2 un album plus que correct, quoiqu'un poil en dessous de Totem 1, la faute à la disparation des morceaux de bravoure hypnotiques à la guitare.

Dernière chose, pour les Secret Chiefs geeks, on notera la présence de Timb Harris (Secret Chiefs 3, Estradasphere) en musicien invité, ainsi que de Bill Horist à la guitare (qui joue sur le morceau Ubik des Chiefs).

L'album est plutôt réussi, sensiblement plus méditatif et abstrait que Totem 1, avec moins de morceaux de guitare. Un très bon album de drogués néanmoins (mais pas seulement pour les drogués).

Bonus : les pochettes des deux premiers Totem bout à bout. Ne manque plus que la troisième pour compléter ce beau totem de drogués !

vendredi 25 juin 2010

Festivital


Petite annonce pour un festival avec Igorrr, artiste chroniqué sur site.

http://www.festivital.com/

Festival l'ouverture des clôtures


Un petit message du festival L'oUvertUre dEs cLôtUrEs (du côté de Bordeaux)

::::::::::::Api Uiz

"Pas très loin de Zu (mais avec une guitare à la place du saxophone et une présence scénique moins poseuse), les deux frères, Enrique et Jorge Vega (basse, batterie), et leur complice Ian Saboya (guitare) nourrissent leurs (dé)compositions sonores instrumentales, trépidantes et poly-rythmiques, d’une impressionnante intelligence de ce qui se trame entre eux à chaque dixième de seconde de leurs discussions musicales en forme de triangle d’or. Andy Moor et The Ex ne s’y sont pas trompés en faisant régulièrement appel au groupe lors des cartes blanches qu’on leur demande de programmer lors de festivals en Autriche ou en France."

::::::::::::Guigou Chenevier

Guigou Chenevier, homme-orchestre, bricoleur et poète, nous emmène à la découverte de son univers sonore minuscule. Le plateau est jonché de jouets, d’instruments miniatures, d’objets hétéroclites... un bric-à-brac inouï ! Tel un Buster Keaton musicien, sans un mot, Guigou guide tranquillement enfants et adultes dans son monde serein et coloré et compose sous leurs yeux un incroyable concert acoustique qui fait dresser les oreilles pour un plaisir majuscule. De même que l’on voit les puces du dresseur de puces, sans les voir, il devient possible d’entendre des sons inaudibles !

De fait, Guigou Chenevier s'applique depuis toujours à utiliser sa batterie comme un instrument mélodique propre à phraser, moduler les sons et créer des couleurs musicales. Ce roi de la syncope, fort inspiré dès ses débuts par la musique de Captain Beefheart et les contretemps légendaires de son batteur John French dit "Drumbo", démontre depuis plus de 30 ans qu'il est possible pour un batteur rock de s'émanciper du rôle ingrat de soutien rythmique binaire et d'éviter d'être relégué au fond de la scène. D'autre part, il appréhende la batterie comme "un set de percussions accordées" et partant lui adjoint de multiples extensions telles que des cloches, des sirènes de voiture, divers objets sonores inventés ("bidophone" dans la pure tradition d'Harry Partch !) ou même trouvés lors de ses voyages. En outre, il utilise une ribambelle de boîtes de conserve accordées, au même titre que la sanza et le marimba, le saxophone ou la clarinette.



::::::::::::Thomas Bonvalet

Il y a quelques années il y avait Cheval de Frise, duo bordelais de rock poétique et déconstruit qui se distanciait de tous les autres duos “cordes + peaux” (guitare/batterie ou basse/batterie) présents ou à venir par l’utilisation d’une guitare acoustique plutôt qu’électrique. Thomas Bonvalet continue depuis son parcours musical tout seul à la guitare, sous le nom mystérieux et inspirant de l'Ocelle Mare . Thomas Bonvalet joue de la guitare acoustique mais, une fois encore, à l’écart du troupeau. S’il y a, au bas mot, quelques centaines de milliers de personnes grattouillant cet instrument de par le monde, l’Ocelle mare arrive à nous faire croire qu’il n’y a personne sur cette planète à en jouer comme lui. En essayant de mettre des mots – forcément approximatifs – sur une expression rétive à toute velléité de classification ou de description, l’Ocelle Mare c’est un peu “une sorte de flamenco expérimental pour le vingt-troisième siècle”. Il faut surtout le voir à l’œuvre en concert : on a rarement l’occasion d’être confronté à un musicien aussi clairement présent, corps et âme, dans la musique qu’il est en train de faire remonter à la surface de son monde intérieur. L’homme ne joue pas du bout des doigts, ni même des poignets, c’est tout son corps, de la pointe des orteils au bout du crâne, qui se donne, qui participe à une bouleversante chorégraphie musicale et expressive – oui, immergé dans la musique, loin de la pose et de la séduction facile. un diamant brut."

::::::::::::Zun Zun Egui

Il vient de Bristol, ville innovante d'Angleterre, deux anglais aux rythmes, une japonaise aux claviers et un chanteur guitariste des îles Maurice et Réunion. Leur musique passionne illico, entre un rock psychédélique, nerveux et des trouvailles ethnologiques et tropicales étonnantes. Leur tout premier EP «Bal la poussière», sorti chez Blank Tapes records est déjà remarqué par un tas de gens curieux, dont David Byrne.


::::::::::::Jonas Zugzwang

violon/accordéon/clarinette basse/guitare. Du rock de chambre. Après une première partie remarquée
de Fred Frith à Bruxelles, ils viennent nous voir pour leur première date en France.


::::::::::::Radikal Satan

La musique de Radikal Satan, trio franco-argentin, est une sorte de croisement entre tango révolutionnaire, psychédélisme industriel et rock obsessionnel. Évoquant la vie suburbaine, l'errance ou la proximité de la mort, les chansons tournent le plus souvent à la transe extatique.

"Quand en octobre je m’apprêtais à revoir, deux fois en douze heures, une cinquième et une sixième fois Radikal Satan, je me réjouissais de les retrouver mais je ne m’attendais plus à ce qu’ils me surprennent musicalement. Et pourtant… Au cours d’un long concert de plus d’une heure et demie à La Chocolaterie de Molenbeek, ils ont encore réussi à me bouleverser. Non pas qu’ils se soient mis à jouer un tout autre type de musique ou à donner naissance à d’autres univers sonores… Mais plutôt dans leur subtilité, le tact, la sensualité du toucher ; dans le jeu de batterie félin de Jonathan Burgun ou le dansé-claqué des doigts de César Amarante sur les flancs de sa contrebasse… Tony Conrad qui jouait plus tôt dans la soirée au Palais des Beaux-Arts dansait dans un coin…"


:::::::::::::La liste complète de nos invités et à découvrir sur http://ouverturedesclotures.over-blog.com ainsi que toutes les autres informations.

lundi 21 juin 2010

Secret Chiefs 3 - Satellite Supersonic vol. 1

Secret Chiefs 3 : le spoutnik du rock

A défaut de voir arriver le Book of Souls que l'on attend depuis 2004, les Secret Chiefs nous gâtent ces temps ci en augmentant radicalement la fréquence de leur production. Après Xaphan, les quatre vinyles 7'', Le Mani..., voici la compil' des 7'', avec des titres des sous-groupes UR, Ishraqiyun et The Electromagnetic Azoth.

Evidemment, l'album n'est pas accueilli de la même manière par les heureux possesseurs des quatre 7'' et par les autres, qui n'ont que deux "vrais" nouveaux titres à se mettre sous la dent. Ne revenons pas sur la promesse de ne pas ressortir ces morceaux en CD, et goûtons notre plaisir de découvrir 1) deux titres complétement nouveaux, 2) un titre de 2004 fortement remanié, et 3) deux titres légèrement remaniés.

Commençons par les tout nouveaux titres. Le premier est estampillé Ishraqiyyun, et s'intitule Balthasar, Melchior et Caspar (les rois mages de la tradition chrétienne). Un bon morceau dans la lignée de ce qu'on attend des Chiefs sous cette formation, avec instruments orientaux et mélodie entraînante. A noter la présence de petits bruitages électroniques très proches de ce qui se fait dans la Messe pour le temps présent de Pierre Henry.

Le deuxième "nouveau" titre sort en réalité du grenier de Spruance, puisqu'il était déjà paru en 2000 sous l'improbable nom de "The secret mausoleum of mankind: fetish miniatures of the suicided races". Le morceau n'a plus grand chose à voir avec la production actuelle du groupe, mais n'est pas sans intérêt. Assez bordélique pour commencer (ami de l'impro bruitiste bonjour), le morceau finit par nous apporter notre lot de musique orientale, de changements de rythmes et de surprises. Sympathique.

Quant au titre fortement remanié, il s'agit de Anthropomorphis: boxleitner, paru initialement sur Book of Horizons, et joué dans une version "UR pure", avec moins d'overdubs et de fioritures, et surtout la guitare et la basse en vedette. Cette version ne révolutionne pas l'univers des Chiefs, mais renouvelle bien le plaisir qu'on avait à écouter la version originale.

Les deux titres remaniés sont Ubik et Kulturvultur, initialement sortis en vinyle 7''. Les modifications sont relativement mineures, mais nécessaires dans le cas de Ubik qui aurait mal supporté le passage direct en CD. Ce dernier titre est le symbole de ce qu'est Satellite Supersonic vol. 1 : une compilation de morceaux plutôt qu'un nouvel album. Autant je trouvais Ubik passionnant dans sa version 7'' (en tant que morceau unique), autant il a du mal à trouver sa place dans le fil d'un album auquel la dominante UR donne un côté plus entraînant.

Les titres restants, Circumambulation (UR), The Left Hand of Nothingness (The Electromagnetic Azoth), et Balance of the Nineteen (Ishraqiyun) sont très proches de leur version vinyle (à quelques retouches près). A noter que Balance... est une version ralentie d'un titre que l'on retrouvera sur (le tant attendu) Book of Souls.

Pour finir, on remarquera que la mention volume 1 dans le titre laisse entendre qu'on peut s'attendre à au moins une deuxième compilation. Ca explique la mise au chaud des très bons titres Halloween, Drive et Labyrinth of Light pour la suite.

Les fans des Secret Chiefs se séparent en deux groupes qui vont acheter l'album de toute manière. Ceux qui n'ont pas les 7'' auront du plaisir à découvrir sept nouveaux titres (indispensables), et ceux qui les ont déjà sont forcément des fans hardcore qui achèteront tout ce qui arborera le logo Secret Chiefs, d'autant plus qu'ils découvriront deux, voire trois nouveaux titres au passage !

mardi 15 juin 2010

Melodium - Hum hum and blabla (E.P.)


On va s'intéresser aujourd'hui à la musique gratuite, avec cette fois un album court de Melodium qui a attiré notre attention. L'EP date déjà de quelques années, mais le monde de la musique gratuite reste encore très largement à défricher, et on peut se permettre ce petit retour en arrière pour vous faire profiter de notre découverte, même tardive.

Sur Hum hum et bla bla, Melodium utilise la musique électronique pour créer un univers planant et vaguement triste. L'ensemble est simple et facile d'accès : pas de mélodies complexes ni de changements de rythme effrénés. On n'est pas loin de l'ambiant, mais les beats sont bien trop présents pour en faire une musique de relaxation.

On trouve trois remixes sur l'album : une grande partie de leur intérêt repose sur l'addition d'une rythmique syncopée qui vient rompre l'harmonie des nappes de synthé et relance ainsi l'intérêt des mélodies répétitives et entêtantes.

La relative continuité dans les sons peut être vue selon les cas comme un atout ou un handicap. Certains titres ont des allures de démos d'une artiste comme Leïla, avec une palette sonore beaucoup plus limitée. Difficile de dire si c'est le manque de moyen ou un choix esthétique qui donne à cet album court des sonorités de "toy music".

Avec sa relative simplicité, Hum hum and blabla ne révolutionne pas la musique, mais il peut aux choix faire office de musique de fond ou se prêter à une écoute plus attentive (de préférence la nuit). Pour vous faire une idée, il suffit de le télécharger, c'est gratuit. L'album est disponible sur cette page.

mardi 8 juin 2010

DD/MM/YYYY - Black square

DD/MM/YYYY, un groupe qui ne fait pas encore encore date...

Après avec vu DD/MM/YYYY en concert, je m'étais empressé d'aller acheter le vinyle. Nous avions assisté à une belle prestation de ces fous furieux multi-instrumentistes (avec un penchant pour les percussions), dans un style assez proche de Foals (math-rock dansant).

Malheureusement, l'album n'est pas à la hauteur de leur prestation scénique (et de nos espérances). C'est varié, parfois entraînant, mais ça manque cruellement d'idées : il ne suffit pas de changer de style toutes les dix secondes pour pondre quelque chose d'intéressant. L'interprétation est plutôt plate et donne l'impression que le groupe ne maîtrise pas encore l'enregistrement en studio.

On attendra plutôt le deuxième album de Foals (ou le prochain Battles) pour s'enthousiasmer sur du math-rock. Par contre, si vous avez l'occasion d'aller voir DD/MM/YYYY sur scène, n'hésitez pas, vous ne perdrez pas votre temps.

dimanche 6 juin 2010

Les Secret Chiefs 3 en concert à Lille


Rapide compte-rendu du dernier concert de la tournée européenne des Secret Chiefs, à Lille, plus précisément au Grand Mix de Tourcoing.

Petite déception en arrivant : plus de Satellite Supersonic en stocks ! Le groupe a vu trop juste pour le nombre d'albums qu'ils a emporté.

Après des premières parties sympa mais peu mémorables (FAT32 a dû arrêter le concert en plein milieu suite à un plantage d'ordinateur), les Chiefs ont livré un bon concert, avec quelques nouveautés mais surtout pas mal de classiques (The 3, The 4, Renunciation, Combat for the Angel, Halloween, etc.).

Par rapport aux concerts de l'an dernier, on était un ton en dessous : le set était globalement moins bien équilibré, avec un peu plus de bourrinage, encore une fois uniquement composé de morceaux de UR de Ishraqiyun, et même un morceau de Le Mani (version UR).

Résumé : très bien, comme on pouvait s'y attendre, mais pas transcendant.

mardi 1 juin 2010

Le fight débile du jour : Mr. Bungle vs Alain Bashung

Ca ne vous a sûrement pas échappé, il est urgent de déterminer quel est le meilleur album de tous les temps (du monde entier et de l'univers) avant la fin du monde prévue dans quelques années selon les astrologues aztèques. Et bien qu'à cela ne tienne, ce blog va participer au débat, mais de manière scientifique ! Nous allons comparer deux à deux tous les albums jamais sortis, et à force on devrait déterminer lequel est le plus beau !

Allumer... le feu !

Pour juin, c'est le dernier album d'Alain Bashung, Bleu Pétrole, qui va être opposé au premier album (sans nom) de Mr. Bungle.


Mr. Bungle, c'est l'histoire d'une énorme méprise pour une maison de disques. Si Warner avait pu deviner ce qui allait sortir du cerveau dérangé de ces petits jeunes de Californie, jamais ils n'auraient fait signer le groupe. Produit par un John Zorn en pleine période Naked City, leur premier album s'inscrit indiscutablement dans le même courant musical, dans une version plus immature, scato et provocateur. L'album est plein d'idées plus farfelues les unes que les autres, mais qui s'articulent pour la plupart autour d'une fusion ska-metal qui a fait que le groupe a longtemps partagé une base de fans avec Primus.

Pour son dernier album, Alain Bashung avait laissé son parolier Alain Fauque, avec qui il avait cosigné ses meilleurs morceaux, pour reposer sur Gaetan Roussel, ancien de Louise Attaque. On peut le regretter, tant la chute est vertigineuse par rapport aux trois précédents albums (Chatterton, Fantaisie militaire et l'Imprudence). On partait de tellement haut qu'un simple (très) bon album de chanson française n'était pas suffisant pour répondre à nos attentes.

Premier album foutraque qui prépare des choses encore meilleurs contre un dernier album crépusculaire qui clôt de manière décevante une formidable carrière, le choix semble vite fait. La méthode scientifique confirme l'évidence : après immersion des deux albums au révélateur, le verdict tombe : Mr. Bungle bat Bleu Pétrole à plate couture.

Ne manquez pas le prochain épisode : Fantômas contre Pink Floyd (ou la prochaine ineptie obtenu en lançant ma médiathèque en mode aléatoire).

samedi 29 mai 2010

Un nouveau Master Musicians of Bukkake


Ca nous avait complètement échappé. Le troisième album de Master Musicians of Bukkake vient de sortir. C'est le deuxième élément d'une trilogie entamée l'année dernière.

Info glannée sur le blog Ana Al Haqq (merci pour l'info)

vendredi 28 mai 2010

Mike Patton - Crank 2 (B.O.F)

C'est sûrement un chef d'œuvre vu que c'est écrit Patton dessus... Non ?

Il fut un temps où le lendemain la sortie d'un album où le nom de Mike Patton apparaissait, vous auriez trouvé une chronique sur ce blog. Une flopée de demi réussites plus tard, il faut attendre un an avant que je jette un coup d'oreille à cette bande originale de film composée et interprétée par Patton, et mine de rien son premier album depuis dix ans à ne pas sortir sur son label Ipecac.

Rien d'étonnant à retrouver Patton dans cette aventure : le cinéma est omniprésent dans son oeuvre. Outre les influences des compositeurs de musiques de film sur ses compositions, Patton a enregistré un album de reprises de musiques de film avec Fantômas, a joué le rôle principal dans un film (Firecracker), et fourni les cris pour les zombies (!) de Je suis une légende.

Il s'était même déjà essayé à la B.O. de film avec le court-métrage The perfect place. Pour sa première musique de long-métrage, qui plus est pour un blockbuster, il reprend les mêmes recettes, avec une touche metal plus prononcée, et une plus grosse dose de déconne. Le résultat se situe quelque part entre gros bourrinage gratuit et l'éclectisme à la Patton.

Comme d'habitude, une floppée de styles différents sont utilisés : de la musiques traditionnelle ou funk en passant par le hip-hop, le metal et l'électro (sans parler des bruitages et autres incongruités). Patton recycle abondamment ses idées (pratique assez commune dans cette exercice), mais il s'est suffisamment faire rare ces temps-ci pour qu'on ne soit pas encore lassé.

Le son paraît un peu "cheap", les arrangements auraient pu être beaucoup plus travaillés. Manque de moyen, ou manque d'ambition artistique pour accompagner ce qu'il faut bien appeler une vieille daube, difficile à dire. Patton semble en tout cas tout faire tout seul avec des synthés et des samples (jusque qu'à preuve du contraire, il me semble que c'est le cas).

L'album est rempli d'idées, pas toujours poussées très loin, et surtout insuffisamment orchestrées. C'est dommage, car le vent de folie que Patton fait souffler dans le metal électro bourrin aurait pu être vraiment jouissif. Les morceaux les plus simples, et qui ne demandent pas trop de finesse dans les détails, sont d'ailleurs les plus efficaces.

Ne crachons pas non plus dans la soupe. Certains titres sont quand même bien rigolos, et ça vaut largement la majorité de ce qui sort dans les bacs aujourd'hui. Après tout, une B.O.F. n'est pas faite pour être écoutée dans son salon. Il faudrait voir le rendu en regardant le film pour savoir si c'est une réussite ou non.

Si vous êtes un collectionneur et que vous avez même ses albums Maldoror et Adult themes for voice, vous pouvez compléter votre collection avec la B.O.F de Crank 2. Si Patton vous manque vraiment, et si la perspective d'un album de reprises de vieilles chansons italiennes ne vous enthousiasme pas, ça vous permettra sûrement de patienter quelque temps.

samedi 22 mai 2010

John Zorn - Mycale

...et aujourd'hui, pour changer, on chronique un album de... John Zorn !

Mycale
se situe légèrement à part dans la série en cours des Book of Angels. Pour le treizième volume de cette série, John Zorn a monté un groupe de quatre chanteuses pour interpréter a capela ses compositions. Pas de panique, il ne s'agit pas des Spice Girls, mais bien de quatre chanteuses "lyriques" qui chantent juste même lorsqu'elles ne sont pas en studio. Il s'agit de Basya Schechter, Ayelet Rose Gottlieb, Malika Zarra, et Sofia Rei Koutsovitis.

Si on considère l'album à part, c'est que son aspect purement vocal tranche avec le reste de la série, purement instrumentale. Une bonne partie du chant est composé d'onomatopées et sert juste à former une rythmique et une mélodie, mais on trouve aussi quelques paroles en hébreu, arabe, et même français sur un morceau.

John Zorn semble très orienté easy listening ces temps ci. Mycale n'échappe pas à cette "humeur". L'ensemble brille par la simplicité des compositions, la finesse de ses arrangements, et par l'interprétation impeccable du quatuor. Mycale fonctionne comme un orchestre de jazz, avec un thème joué par l'ensemble, une section rythmique mouvante et des solos de chacun des membres.

Contrairement à une bonne partie des critiques sur internet, j'ai particulièrement apprécié Mycale. Après un opus qui nous avait laissé légèrement sur notre fin (le très classique Stolas, dont on reparlera peut-être bientôt), il apporte une contribution plus convaincante, et surtout plus distinctive, dans une série de très bonne qualité.

mercredi 19 mai 2010

Sorties de mai chez Tzadik


Scott Johnson

Americans
Makigami Koichi

Tokyo Taiga
John Zorn

Dictée/Liber Novus


Zorn continue son marathon pour 2010, on a déjà arrêté de compter le nombre d'albums qu'il a déjà sorti.